J’ai peur!

par Yannick

peurs

(J’ai écrit ce texte il y a plus d’un an, et en me relisant, ça m’a frappé, j’aime ce texte! J’ai décidé de le publier parce ce qu’il est vrai, ce texte c’est moi. J’ai donc décidé de vous partager cette réalité de ma vie (malgré la peur). La réalité est le point de départ à tout changement. Je n’ai pas à être mal de vivre ce que je vis, on a tous des peurs, qui, selon chacun, nous empêchent plus ou moins d’avancer, J’ai les miennes et j’apprends à les dompter, les voici donc.)

(Précision, je ne fais pas pitié et je ne suis pas malheureux. Cet article est un débordement de vase, un pétage de coche, une montée de lait faite à mes peurs et mes angoisses. J’étais dans un état d’esprit de guerre quand je l’ai écrit, et non pas de victime.)

J’AI PEUR!

J’ai peur, oui, depuis mon enfance je suis habité par la peur,  les efforts que j’ai mis pour m’en débarrasser ont été vains. Je suis toujours mort de peur à propos de plein de choses et ça me pèse énormément.

Je suis plus que tanné de vivre dans la peur, même si j’ai beaucoup évolué sur ce point, je ne suis pas content de ma vie, je pousse et me bat contre la peur depuis trop longtemps. J’ai toujours l’impression de me battre et je suis fatigué. Je me trouve ridicule dans mes peurs, je me juge, je me condamne, je me déteste.

J’ai peur bordel, ça me pogne, ça me tue… J’ai peur…

J’ai peur d’avoir l’air fou, j’ai peur d’être ridiculisé, humilié, j’ai peur d’avoir honte, j’ai peur en public, j’ai peur d’oser, j’ai peur d’être moi-même,  j’ai peur de faire des gaffes, J’ai peur d’être idéaliste, irréaliste, j’ai peur des belles femmes, j’ai peur de l’inconnu, de dire ce que je pense, j’ai peur de me tromper, j’ai peur de blessé des gens, j’ai peur d’être pauvre,  j’ai peur de conduire en ville, j’ai peur d’échouer dans tout ce que j’entreprends, j’ai peur d’avoir peur, j’ai peur bordel.

Je suis bien chez moi, dans ma caverne comme je le dis souvent, je suis en sécurité, je me cache. Plus je recule dans ma caverne, plus je me sens petit, vulnérable, fragile, minable, froussard.

C’est dans mes tripes que j’ai peur, dans ma tête je sais que ce n’est qu’un sentiment, en réalité je suis courageux, je le sais, j’ai affronté des choses que le commun des mortels affronte rarement et j’en suis sorti grandi. J’ai eu le courage de faire deux thérapies pour aller au fond de moi-même, au fond de ma vie d’enfance. Ces peurs ne m’appartiennent plus, ce sont des peurs que je traine depuis trop longtemps, des vestiges de mon enfance, de mon passé. Maintenant je suis un adulte, je suis fort, je me connais, et je sais que rien ne peut m’arrêter à part moi-même.

Encore aujourd’hui, mon écœurement face à mes peurs est un début de courage. Je suis en train de travailler à aller mieux. Il y a une force en moi qui me pousse à vouloir être bien et peut importe ce que ça va prendre comme effort, je vais y arriver!

« Le véritable courage consiste à être courageux précisément quand on ne l’est pas. » - Jules Renard


Le règne de la peur dans ma vie tire à sa fin. So what si mes pires peurs se réalisent. Le courage, c’est de passer à l’action malgré la peur, malgré le danger. Mais quel réel danger ai-je à faire face? Aucun!  Que je sois ridicule ou non ne change rien à ce que je suis, la pire chose qu’une belle femme peut me faire c’est de me rejeter, pis après. L’inconnu ne le sera qu’une seule fois! La meilleure arme contre l’inconnu est la connaissance, et la mère de la connaissance est l’expérience. Plus j’expérimente, plus j’en connais, moins il y a d’inconnu, moins il y a de peurs.

C’est de commencer qui est difficile, ça fait tellement longtemps que ces schèmes de peurs sont encrés en moi que c’est presque une deuxième nature. Toutes mes retraites dans ma caverne, tous mes drapeaux blancs faces à mes peurs ont un prix, et maintenant, je dois payer ce prix pour être libre.

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Monique Berthelet septembre 11, 2010 à 6 h 51 min

Yan, c’est un texte magnifique. Ça prends du courage de se dévoiler comme ça. Ça m’a pris aux tripes car je me reconnais dans ce texte…….un peu. Je t’admire. Tu vas toucher beaucoup de monde …Merci Yan.

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Nathalie Lévesque septembre 16, 2010 à 21 h 37 min

C’est effectivement un très bon texte. Déjà en le publiant, tu dépasses tes peurs, donc
ton sac de peurs diminuent et devient plus léger à porter. Ça prend du courage pour
afficher ses peurs.
Continue ton site, il se remplie de bons articles et il devient de plus en plus intéressant.
Au plaisir de t’écouter parler de ces sujets lors de tes prochaines conférences… Nathalie

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Monique Berthelet septembre 19, 2010 à 9 h 01 min

j’ai déjà commenté

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Sophie septembre 20, 2010 à 11 h 30 min

J’ai aimé ce que tu as écris : « L’inconnu ne le sera qu’une seule fois! ». Une si petite phrase qui peux changer ma façon d’agir : avancer et affronter mes peurs ou rester immobilisée?? Moi seule peux choisir. Merci Yannick

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LAURE septembre 24, 2010 à 4 h 37 min

J’avais besoin de lire ce texte, car je sais que j’aurais pu ecrire la même chose !
Et comment sortir du cercle vicieux qui s’incarne dans la peur d’avoir peur, un combat interminable entre soi et soi même … Quand decide t’on de changer ? Quand est -ce que LA PAIX redeviendra un sentiment intérieur familier ?

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Yannick septembre 24, 2010 à 8 h 14 min

Merci Laure pour ton commentaire!

Je me suis rendu compte qu’on entreprend le chemin de la libération face à nos peurs de la mauvaise façon, la première phrase de mon article parle beaucoup. J’ai écrit, « J’ai peur, oui, depuis mon enfance je suis habité par la peur, les efforts que j’ai mis pour m’en débarrasser ont été vains ».

Les efforts que j’ai mis pour me débarrasser de mes peurs ont toujours été vains, et le seront toujours. Nos efforts ne doivent pas être à les éliminer, mais à accueillir et accepter nos peurs, ensuite, à avancer malgré leur présence. En faisant ça, leur emprise sur notre vie s’estompe graduellement.

C’est un processus long et difficile, je le concède, mais il en vaut pleinement la peine. La vie en dehors de ma caverne est beaucoup plus colorée et ensoleillée.

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Natalie novembre 4, 2010 à 8 h 07 min

Je suis fière de toi Yan. J’étais en retard pour te lire… Je vais me reprendre. D’où te viens cette extrême exigence envers toi-même? Tes peurs sont beaucoup reliées à tes attentes envers toi-même, peur de ne pas être à la hauteur de ce que tu voudrais être. Je sais de quoi je parle, je suis faite dans un moule semblable!!! Pourtant, nos parents n’ont jamais démontrés des attentes extrêmes envers nous?

Si tu trouves la réponse, faits-en moi part!

Je t’aime,

Ta sœur Nat.

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max novembre 4, 2010 à 22 h 56 min

ce texte me rentre dedans ! tu connais un peu ma situation !!!

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Yannick novembre 5, 2010 à 0 h 20 min

Je comprends, je me relis et il me rentre dedans moi aussi! : )
(c’est pas une joke) : )

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lionel novembre 11, 2010 à 7 h 13 min

Bravo !
Considérer ses angoisses frontalement, les décrire précisément, et le clamer est exactement la première chose à faire pour s’en dissocier.
Merci pour ton courage,

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Yannick novembre 11, 2010 à 10 h 48 min

Merci pour ton commentaire Lionel!
Avec le temps, je me suis rendu compte que le courage est comme un muscle, plus on le travaille, plus on devient fort! L’inverse est aussi vrai par contre, il ne faut donc pas arrêter de le travailler!

Yannick

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Miaou -Isabelle novembre 12, 2010 à 3 h 22 min

je te cite », mais à accueillir et accepter nos peurs, ensuite, à avancer malgré leur présence. En faisant ça, leur emprise sur notre vie s’estompe graduellement. »
Voilà tu as tout compris :) 4et tu vas , la vie passant, trouver une certaine sérénité et cette peur s’amenuisera jusqu’à ce qu’elle ne réapparaisse que comme « signal »
Bonne route, Yannick
Isa Miaou

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niania janvier 31, 2011 à 20 h 44 min

bonjour,je tenait a te Félicité pour ce magnifique texte sur le quelle je suis tomber totalement par hasard et j’en suis heureuses!!! Je me reconnais beaucoup dans ce texte car je ressent approximativement les même peurs que toi !!! je suis contente que tu te sente bien à présent , sa me donne de l’espoir… je suis une adolescente complètement renfermer sur moi à cause de ces peurs qui ne me lâche pas.

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Yannick janvier 31, 2011 à 21 h 06 min

Merci pour ton commentaire!

Ça me touche que tu aies aimé! Si tu savais comment je me sentais lorsque j’ai écrit cet article.

Mon désir de m’épanouir et d’être heureux venait d’être giflé pour une énième fois par mes peurs et mon anxiété et c’est ça qui a monté. Un genre d’écœurement doublé d’une révolte et d’une affirmation, non, j’ne lâcherai pas!

Mon adolescence a été cauchemardesque, lâche pas, un petit pas à la fois tu vas y arriver.

Oui, je suis en paix aujourd’hui, mais cette paix je l’ai gagné et je la gagne encore par mes actions.

Ce qui m’a aidé le plus c’est d’être capable de partager mes difficultés avec une personne de confiance, l’écrire si je n’avais personne faisait aussi le travail. On le voit dans l’article, ça m’a fait du bien d’exprimer mon écœurement, ça finit sur un ton plus léger et positif.

Merci encore pour ton commentaire, bon courage, tu n’es pas seul.
Yannick

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Florent février 8, 2011 à 11 h 28 min

Salut Yannick!
Je viens tout juste de découvrir ce site et ton texte qui m’a beaucoup touché.
Je me reconnais énormément dans tes lignes, je suis aussi un flippé de la vie armé d’une volonté de m’en sortir et d’aller mieux toujours grandissante, même si le chemin est long et difficile (j’en suis à ma 3ème thérapie…).
« J’ai eu le courage de faire deux thérapies pour aller au fond de moi-même, au fond de ma vie d’enfance.  »
Je peux te demander ce que tu as fais comme thérapie? ça a l’air de ressembler à ce que je fais en ce moment…
Florent

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Yannick février 8, 2011 à 18 h 39 min

Salut Florent!

Merci d’avoir commenté et félicitations pour ta démarche!

Pour les thérapies, comme je l’ai mentionné, j’en ai fait deux, c’étaient des thérapies fermées, de 5 jours avec le même thérapeute. Un gars assez dur que j’admire énormément.

La première est basé sur l’approche spirituelle des 12 étapes des Alcooliques Anonymes, c’est là que j’ai mis fin à la victimisation, que j’ai pris ma vie en mains et que j’ai complètement cessé de consommer toutes substances, il y maintenant plus de 7 ans.

La deuxième est une thérapie sur l‘affectivité, elle c’est pour faire le grand ménage de ton passé, après celle-là, j’ai commencé à aller et à participer à des réunions des mouvements anonymes, et ça m’a grandement aidé. (je participe toujours à des réunions, minimum une par semaine)

J’ai terminé le ménage avec une psychologue qui applique la technique EMI (eye movement integration), une technique pour libérer les gens ayant vécu des traumatismes. Je te laisse des liens pour prendre des infos si ça t’intéresse.

Je peux enfin dire que mon passé est réglé, il me reste 30 ans de mauvaises habitudes et comportement à changer, un jour à la fois, j’avance et je suis absolument ébahi des résultats!

La chose la plus importante pour moi : « On ne s’en sort pas seul, le meilleur chirurgien au monde ne s’opère pas lui-même, ça chie à l’Anesthésie… »

Salut Florent, bon courage!

http://www.spg.qc.ca/apq/documentsWeb/oct05_emi_emdr.pdf

http://www.psycho-ressources.com/bibli/emi-imy-emdr.html

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