Le perfectionnisme ne vous fait pas sentir parfait, le perfectionnisme vous fait vous sentir inadéquat

Le perfectionnisme

Accepter d’agir, oser me montrer tel que je suis et me donner le droit à l’erreur a toujours été difficile, je voulais être parfait. Je voulais être mince et musclé avant d’aller m’inscrire au GYM, être bon en patin avant d’aller à l’aréna, bien écrire pour pouvoir publier des articles, etc.

Je n’avais jamais le sentiment d’être à la hauteur, j’augmentais mes exigences envers moi-même pour le devenir, mais tout ce que ça faisait c’est d’alimenter mon infériorité.

Qu’est-ce que le perfectionnisme?

Le perfectionnisme est une défensive du sentiment d’infériorité, du sentiment de ne pas être à la hauteur ou de la peur de ne pas être à la hauteur.

Je ne me sens pas à la hauteur, je m’impose donc des exigences démesurées pour l’être.

Le problème, c’est que plus je suis exigeant avec moi, moins je risque d’atteindre mes exigences démesurées, ce qui me confirme le fait que je ne suis pas à la hauteur.

 

« Le perfectionnisme ne vous fait pas sentir parfait, le perfectionnisme vous fait vous sentir inadéquat »

– Maria Shriver

 

Le perfectionnisme et la dévalorisation

Si on ajoute à ça une autre défensive que je vois régulièrement dans mon bureau de thérapie et que j’ai moi-même longtemps utilisée, la dévalorisation par le jugement et la critique sévère de soi, tout ça se transforme en un fonctionnement automatique et autonome extrêmement souffrant et insatisfaisant.

 

Moins je me sens à la hauteur, plus je suis exigeant envers moi-même.

Plus je suis exigeant envers moi-même et moins j’ai de chance de réussir selon mes standards.

Moins je réussis, plus je me dévalorise par les jugements et la critique.

Plus je me dévalorise et moins je me sens à la hauteur.

 

Le perfectionnisme, comment s'en libérer, en commençant par revenir à soi

 

Comment se sortir de ce fonctionnement?

La première chose à faire est de revenir à soi. Je me suis rendu compte que je projetais mon manque d’amour, mon infériorité et mon sentiment de ne pas être à la hauteur sur mon entourage et même sur la société.

Je devais être parfait pour être aimé et accepter, je devais performer pour avoir de la valeur.

En réalité, c’est moi qui ne me sentais pas à la hauteur, c’est moi qui ne m’acceptais pas, qui me rejetais, me critiquais et me jugeais lorsque je n’étais pas à la hauteur de mes standards démesurés. Pas les autres, pas mon entourage, pas la société. Moi.

En récupérant ma projection, j’ai fait le premier pas pour récupérer mon pouvoir. Tant que c’est l’extérieur qui est responsable de comment je me sens, je ne peux rien changer.

Qu’est-ce qui est important pour moi?

J’ai pu ajuster mes valeurs vers ce qui est réellement important pour moi. J’avais besoin de lâcher prise sur les résultats et de revenir mes valeurs les plus importantes.

J’ai lâché prise sur ce que les autres pensent de moi et je suis revenu à ce que je pense de moi. En sortant de mes exigences démesurées, j’ai pu voir comme je suis un homme qui fait des efforts, qui se discipline, qui est engagé, qui est dévoué à lui et aux autres.

J’ai travaillé la relation à moi, la façon dont je me parle, la façon dont je me traite, mon attitude envers moi.

 

 

Le perfectionnisme, j'ai besoin de m'aimer et de m'accepter pleinement pour m'en libérer

 

Accueil – Acceptation – Amour – Bienveillance

Derrière le fonctionnement de perfectionnisme se cache un grand besoin d’humilité.

 

« Se guérir de nos malaises de l’âme implique souvent une bonne dose d’humilité, d’accueil et d’empathie envers la nature humaine, surtout envers la nôtre. »

– Daniel Desbiens

 

Qu’est-ce que l’humilité (extrait de cet article)

L’humilité c’est l’acceptation empathique de soi, d’où l’on est, comme on est. C’est avoir un regard sensible et bienveillant sur soi.

L’humilité, c’est la capacité à me voir, à m’accepter, à m’aimer et à m’assumer tel que je suis, autant dans mes forces que dans mes difficultés.

L’humilité, c’est être conscient de ma dimension humaine, faillible et imparfaite avec mes limites, mon rythme et mes difficultés. C’est être capable de m’assumer dans cette dimension sans me rabaisser ni me dévaloriser. C’est un côté de la médaille, je m’aime et je m’accepte avec à mes difficultés.

L’humilité, s’est aussi être conscient de ma dimension spirituelle, infaillible et parfaite avec mes forces, mes qualités et mes aptitudes. C’est être capable d’assumer cette partie plus rayonnante de moi et de la faire briller pleinement sans me mettre au-dessus des autres. C’est l’autre côté de la médaille, je m’aime et je m’accepte avec à mes forces.

Plus je fais preuve d’accueil, d’amour et d’acceptation à mon égard, plus je vais être capable de lâcher prise sur mon perfectionnisme et retrouver une plus grande liberté d’être et d’agir.

Ça se dit bien comme ça, mais je vous assure que c’est tout un défi, parce que même si c’est logique et relativement facile à expliquer, dans le concret ce n’est pas facile de l’appliquer.

 

Parce que c’est lorsque je ne m’aime pas que j’ai besoin de m’aimer.

Parce que c’est lorsque je me rejette que j’ai besoin de m’accueillir.

Parce que c’est lorsque je vais me demander des exigences démesurées que devoir m’offrir de la flexibilité et de l’empathie.

 

L’humilité est un sujet que j’affectionne particulièrement, j’ai été très exigeant avec moi, je me suis beaucoup rejeté et j’en ai beaucoup souffert. J’ai tout fait pour performer, mais quand on part du sentiment de ne pas être assez notre démarche est souvent vouée à l’échec, ce qui renforce notre sentiment de ne pas être assez.

C’est en mettant de l’humilité dans ma vie un jour à la fois, que j’ai pu me voir davantage tel que j’étais, voir que je me rejetais et l’impact négatif que ça avait sur moi et sur ma vie. Puis, toujours avec l’humilité comme compagne, j’ai commencé à me prendre où j’étais et comme j’étais, j’ai commencé à m’aimer avec mes difficultés et mes imperfections.

Ce fut le point de départ de plusieurs changements positifs et durables. Des changements qui partaient d’un besoin de m’aimer et de prendre soin de moi, et non de me rendre parfait aux yeux des autres.

 

« Tant que vous n’aurez pas accepté qui vous êtes, rien de ce que vous aurez ne vous satisfera jamais. »

– Doris Mortman

 

Je vous invite à aller lire mon article « La conscience de soi pour mieux prendre soin de soi » pour en apprendre davantage sur l’amour de soi, la relation à soi, les émotions, les défensives et l’humilité.

 

Le perfectionnisme nous demande d'agir consciemment

 

Oser agir consciemment

J’étais du type de perfectionniste paralysé, mon sentiment de ne pas être à la hauteur et mes exigences étaient tellement démesurés que j’étais constamment anxieux et paralysé à l’idée d’être exposé au risque de faire des erreurs et d’être vu imparfait.

 

« Quand on reste immobile, la peur pousse mieux. »

– Daniel Picouly

 

Après être revenu à moi, d’avoir ajusté mes valeurs et mi de l’importance à la relation que j’entretenais avec moi-même, j’ai du me mettre à passer à l’action, oser, faire avec ma vulnérabilité et mes peurs.

J’ai appris à faire avec mon sentiment d’infériorité et faire avec mes peurs de ne pas être parfait. J’ai appris en le faisant, en agissant, en me trompant et en voyant que la fin du monde tant attendu n’arrivait pas.

C’est extrêmement contre intuitif d’aller de l’avant avec nos peurs, mais c’est, je crois, la meilleure chose qu’on peut faire. Ça demande du courage, de l’audace et une bonne dose d’accueil empathique de soi. Ça m’a permis de dédramatiser mes difficultés et de me découvrir dans le processus.

 

« Oser vivre sa vie, c’est prendre le risque de se mettre au monde en permanence. »

– Jacques Salomé

 

Plus je m’aime et je m’accepte avec mes imperfections, plus j’ose avancer, plus j’ose me tromper, plus j’ose être moi-même, plus je réalise que les gens sont prêts à m’accepter et à m’aimer comme je suis si moi-même je le suis.

 

L’action, en toute liberté

Les gens qui portent le perfectionnisme sont probablement les dernières personnes qui ont besoin de se mettre de la pression pour bien faire les choses.

Les gens perfectionnistes sont habituellement des gens qui ont le souci du travail bien fait et qui sont généralement engagés à bien faire. Leur fonctionnement est l’équivalent se mettre un fusil sur la tempe pour être certain qu’il font bien les choses. Ça n’aide pas. Au contraire, ça me nuit

Ça m’a beaucoup aidé de conscientiser que je me nuisais grandement par mon perfectionnisme, ça m’a aidé à me faire ça plus doux. Je ne suis pas moins performant dans les tâches que j’accomplis aujourd’hui alors que je suis beaucoup plus libre de ce fonctionnement. Pas du tout. Mais le processus est beaucoup plus agréable.

 

le perfectionnisme, pour m'en sortir j'ai besoin de développer un regard bienveillant sur moi

 

Le perfectionnisme – la conclusion

En résumé:

  • Le perfectionnisme est un mécanisme de défense pour ne pas toucher à mon sentiment ou ma peur de ne pas être à la hauteur.
  • La défensive du perfectionnisme est souvent jumelée à la défensive de la dévalorisation par le jugement et la critique de soi.
  • Le perfectionnisme et la dévalorisation au lieu de me sortir de mon infériorité, l’entretiennent et l’alimentent.
  • Pour m’en sortir, j’ai d’abord besoin de revenir à moi, c’est moi qui a de la difficulté à m’aimer et à m’accepter tel que je suis.
  • L’humilité, qui est l’accueil, l’acceptation et l’amour de soi dans tout ce que je suis, est la principale porte pour me sortir de mes exigences démesurées.
  • J’ai besoin de développer un regard bienveillant et aimant sur moi, j’ai besoin de me donner de la valeur.
  • J’ai ensuite besoin d’agir, d’expérimenter la vie avec ce nouveau regard sur moi, de me faire ça doux.

Le perfectionnisme est une défensive de l’infériorité, du sentiment et de la peur de ne pas être à la hauteur, je le répète.

L’opposé de la défensive c’est de m’ouvrir, d’écouter, d’accueillir et prendre soin de ce dont je me défends. Ça demande de passer par l’inconfort de la vulnérabilité et ça demande une bonne dose d’empathie pour moi.

J’ai envie de vous dire que c’est un travail sans fin, ça fait des années que je travaille ça et j’ai énormément gagné en liberté. Ma relation à moi est plus saine qu’elle ne l’a jamais été. Mais il m’arrive encore sur une base régulière de me prendre à hésiter, à douter de moi, à pousser pour être correct pour les autres. Je me prends à me taper sur la tête parce que j’ai fait quelque chose qui aurait pu être mieux.

 

« Ce qui importe, ce n’est pas d’arriver, mais d’aller vers. »

– Antoine de Saint-Exupéry

 

Je vous souhaite de vous faire ça doux, je vous souhaite de vous prendre où vous êtes aujourd’hui avec beaucoup d’empathie et d’ouverture, je vous souhaite de vivre la liberté enivrante d’agir pour soi, imparfaitement.

N’hésitez pas à m’écrire si vous avez des commentaires, des demandes ou des suggestions, il me fera plaisir de vous répondre.

Au plaisir, 

Yannick Delorme TRA

Article sur l’acceptation

Article sur l’honnêteté et l’humilité

Article sur l’amour et l’acceptation de soi

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