La peur et l'anxiété font partie de ma vie depuis toujours, maintenant elles ne m'emprisonnent plus. On a tendance à vouloir sortir la peur de nous, à vouloir la battre, l’éliminer, ne plus la ressentir, en être libéré, en finir avec elle…

Vivre avec la peur et l’anxiété nous semble impossible. On la voit comme un obstacle extérieur à nous-mêmes. C’est difficile à accepter, mais j’ai peur, beaucoup, en intensité et quantité, la peur fait partie de ma vie, c’est ma réalité.

Ça me touche profondément de vous le nommer. Je me suis tellement battue contre cette ombre qui me suit depuis toujours et peu importe mes sparages, elle est là, elle reste là. J’en ai fait des efforts pour l’éviter, la fuir, pour remettre à plus tard l’affrontement, je pensais même l’avoir vaincu. Avec avancer simplement, j’avais appris à avancer avec elle, à me battre contre elle et souvent à la vaincre. Enfin c’est ce que je croyais.

Hisser le drapeau blanc, sans abandonner

Ce fut vain, non seulement ce n’est pas fini, elle me suit comme une ombre rappelez-vous, mais je me suis rendu compte que foncer les poings levés me vide, que c’est avec moi que je me bats, parce que la peur n’est pas extérieure, elle est intérieure. C’est moi qui a peur et quand je me bats, quand je prends la peur et l’anxiété par la gorge et que j’avance avec forces, c’est à moi que je fais violence.

Je jugeais et je peux encore juger mes peurs, je peux aussi me juger d’être comme je suis, je me juge de ne pas y arriver, de ne pas en finir avec la peur et l’anxiété… C’est difficile d’accepter cette réalité. Je me rends compte que j’ai besoin de douceur, d’acceptation, que j’ai besoin de tolérance envers moi-même, pas de force, de combats et d’intimidation.

Accepter la peur et l’anxiété?

Quand je prends le temps de m’arrêter à ma peur, d’y goûter un peu et de la sentir. Je peux, un petit peu à la fois, être plus sensible à cette partie de moi qui a peur, je peux me prendre plus doucement par la main avec ma peur pour avancer dans l’harmonie plutôt que dans le chaos du combat. Ça me touche de le nommer, ça me touche parce que je continue de lever les poings.

À chaque fois qu’elle se montre le nez, à chaque fois je dois refaire le chemin. Baisser les bras, arrêter de me battre, m’accepter et m’aimer là, avec cette ombre qui me suis et me suivra probablement toujours. Là est mon pouvoir, dans l’acceptation de ma réalité et dans la façon de négocier avec elle avec sensibilité.

Merci pour votre présence sur Avancer Simplement.

Yannick Delorme TRA, Thérapeute en relation d’aideMD

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