image représentant la peur du jugement par une personne seule entouré de gens gris et noir

LA PEUR DU JUGEMENT – INTRODUCTION

Imaginez-vous enchaîné à une opinion, un regard, un jugement. Imaginez que chaque pas que vous faites, chaque décision que vous prenez, chaque rêve que vous poursuivez est influencé par ce que les autres pourraient penser de vous.

C’est le poids de la peur d’être jugé, rejeté, humilié ou non aimé.

Mais imaginez maintenant si vous pouviez briser ces chaînes. Si vous pouviez cheminer avec l’assurance et la liberté d’être pleinement vous-même, indépendamment du regard des autres. Ça semble presque utopique, non?

Pourtant c’est possible et je suis là pour partager avec vous une partie de mon cheminement personnel non pas pour éliminer la peur du jugement, mais pour retrouver ma liberté malgré la peur du jugement. Parce que le besoin d’être aimé et accepté est humain, la peur de ne pas l’être aussi. Ce qui est malsain c’est lorsque je me prive de ma liberté d’être ce que je suis et de faire ce que j’ai envie de faire à cause de cette peur.

Dans un monde où notre survie n’est plus menacée par l’exclusion du groupe comme à l’époque tribale de nos ancêtres, il est temps de déjouer cette vieille programmation de notre cerveau qui nous pousse vers la peur du jugement. Il est temps d’apprendre à départager les dangers réels et les dangers imaginaires.

Mais comment y parvenir? Comment se libérer de la peur du jugement sans tomber dans l’indifférence totale? C’est ce que je vous propose dans cet article.

LE REJET ET L’EXCLUSION = LA MORT

Une personne qui a peur du jugement, c’est une personne qui a peur d’être critiqué négativement sur sa personne, et donc d’être rejeté dans ce qu’elle est.

La peur du jugement est souvent liée à une peur plus profonde du rejet et d’être inadéquat. Lorsque nous craignons le jugement et la critique, nous craignons souvent qu’ils ne confirment nos propres insécurités sur notre valeur ou nos compétences.

Dans les temps tribals, être exclu du groupe pouvait signifier l’isolement, la vulnérabilité et finalement la mort. C’est pourquoi notre cerveau est programmé pour craindre le rejet et l’isolement social. Même aujourd’hui, dans notre monde moderne et connecté, le sentiment de ne pas être accepté peut déclencher une réaction de stress intense dans notre corps.

La peur est une réponse à une menace perçue. Elle nous prépare à l’action – soit à fuir, soit à combattre. Lorsque nous nous sentons menacés, notre corps libère des hormones du stress comme l’adrénaline et le cortisol. Ces hormones accélèrent notre rythme cardiaque, augmentent notre pression sanguine et intensifient nos sens pour nous aider à faire face au danger.

Cependant, lorsque la menace n’est pas réelle, mais seulement perçue ou imaginée, cette réaction de peur peut devenir problématique. Par exemple, si vous avez peur d’être rejeté par vos pairs ou votre famille simplement parce que vous êtes différent ou que vous avez des opinions différentes, cela peut conduire à des sentiments d’anxiété chronique et d’insécurité.

Il est important de comprendre que la peur est une réaction naturelle et souvent utile qui a évolué au fil du temps pour nous aider à survivre dans un monde dangereux. Cependant, lorsque la peur devient démesurée ou irrationnelle, il peut être nécessaire de chercher de l’aide pour apprendre à gérer ces sentiments.

La peur est aussi très personnelle, c’est-à-dire que dans un monde où la sécurité de ma personne n’est pas en danger, mes peurs parlent de mon histoire de vie, de mes blessures psychiques, de mon image personnelle, de mon estime et de ma confiance en moi.

FACE À LA PEUR DU JUGEMENT, SE FOUTRE DE CE QUE LES AUTRES PENSENT?

La solution pour arrêter d’avoir peur de ce que les autres pensent serait donc d’apprendre à m’en foutre?

Non… Nous sommes humains, nous avons besoin d’être aimés, acceptés, reconnus, appréciés, valorisés, etc. Ce sont des besoins valides. Ça risque de toujours être désagréable d’être jugé, rejeté et de ne pas être accepté et aimé. Le problème n’est pas là.

Se foutre de ce que les autres pensent est tout aussi défensif que d’accorder toute l’importance du monde à ce que les autres pensent. L’un n’est pas plus sain que l’autre. J’en ai parlé dans mon article sur le perfectionnisme, le problème n’est pas que je suis affecté parce que les autres pensent de moi, le problème, c’est le manque d’autonomie affective.

Si moi, je ne m’aime pas particulièrement, que je ne me reconnais pas, que je ne m’accepte pas, que je ne m’apprécie pas. Je vais dépendre de l’extérieur pour trouver ma valeur et mon amour.

D’où le manque d’autonomie affective. D’où les peurs et les comportements adaptatifs malsains (les mécanismes de défense) pour m’assurer d’être aimé, accepté, valorisé, etc.

L’AUTONOMIE AFFECTIVE NOUS LIBÈRE DE LA PEUR DU JUGEMENT

L’autonomie affective, c’est quoi exactement ? C’est la capacité à être capable de se sentir bien, heureux, satisfait, aimé et valorisé indépendamment des circonstances extérieures et des opinions des autres. En d’autres termes, c’est la capacité d’être en mesure de se donner à soi-même ce dont on a besoin émotionnellement.

Ce n’est pas une question de ne pas se soucier de ce que les autres pensent, mais plutôt de ne pas dépendre des autres pour déterminer notre image de soi et notre estime de soi. Cela signifie que nous avons le contrôle sur nos propres sentiments et que nous ne permettons pas aux opinions ou aux actions des autres de dicter comment nous nous sentons à propos de nous-mêmes.

Comment y parvenir ? C’est un processus qui nécessite du temps et un travail sur soi. Il s’agit d’apprendre à s’aimer, s’accepter, se reconnaitre et se respecter, c’est un immense travail d’autocompassion. Il peut être utile d’obtenir l’aide d’un thérapeute ou d’un conseiller pour travailler sur ces questions.

Il est également important de comprendre que tout le monde a le droit à son opinion. Un jugement est une opinion personnelle. Les opinions des autres sont le reflet de leurs propres expériences et perceptions, et non une évaluation objective ou absolue de votre valeur en tant qu’individu.

MON EXPÉRIENCE PERSONNELLE

J’ai vécu des traumatismes importants pendant mon enfance qui m’ont laissé avec un important trouble post-traumatique et paralysé dans la peur. Ces évènements marquants ont et l’impact d’une profonde croyance dans le fait que j’avais fait quelque chose de mal, de très mal même et que je devais tout faire pour éviter que ça se reproduise.

Sans m’en rendre compte, toute mon énergie allait se déplacer à être hyper vigilant et à tourner mon regard sur l’extérieur pour m’assurer d’être OK, pour m’assure d’être à la hauteur. J’étais donc drivé par la peur d’être jugé, d’être rejeté, d’être humilié. Horrible. Ça me touche de vous le nommer. C’est fou ce que ces évènements ont eu comme impact sur ma vie.

Comment ça se manifestait concrètement? J’étais constamment dans la peur, constamment dans un profond sentiment que j’étais en danger. Au mieux, j’étais inconfortable dans les situations sociale, au pire, j’étais incapable de sortir de chez moi. Si à la base, je me sens toujours en danger, la moindre difficulté supplémentaire devient invivable. Ce qui m’a causé de nombreuses dépressions qui m’ont mené aux portes du suicide à plusieurs reprises au cours de ma vie.

Je ne vous raconte pas ça pour attirer votre pitié, je vous partage ça pour que vous sachiez que je connais ça, la peur d’être jugé, rejeté, humilié. Je connais ça, le retrait, arrêter de vivre parce que c’est la seule façon que je peux avoir un petit répit. Je vous partage ça pour vous montrer que si moi, avec ce bagage lourd qui a failli me tuer, j’ai été capable de trouver la route de la paix et de la liberté, tout le monde peut y arriver.

L’histoire de ma vie, de cette époque (j’avais 3 ans), à aujourd’hui (50 ans en 2023) a donc été un long chemin pour retourner mon regard vers moi pour valider moi-même ma valeur. Je n’ai jamais été aussi en paix et bien dans ma peau qu’aujourd’hui.

UNE IMAGE ET UNE ESTIME DE MOI SAINE ET SOLIDE

En fin de compte, l’objectif n’est ni de se laisser mener par le jugement des autres, ni d’y être insensible, mais plutôt d’avoir une image et une estime de soi saine et solide pour que les opinions des autres n’affectent pas négativement notre bien-être émotionnel.

Lorsque nous y parvenons, l’opinion des autres perd naturellement de son importance. Nous ne dépendons plus de leur validation pour nous sentir bien dans notre peau. Nous apprécions leur feedback et leurs conseils, mais nous ne les laissons pas définir notre valeur ou notre estime de soi.

Cela ne signifie pas que nous devrions ignorer complètement ce que les autres pensent. Après tout, ils peuvent souvent voir des choses en nous que nous ne voyons pas nous-mêmes. Ils peuvent nous aider à grandir et à évoluer. Cependant, leur opinion ne devrait jamais être le seul facteur déterminant dans notre estime de soi ou notre prise de décisions.

C’est important d’équilibrer l’importance que nous accordons aux opinions des autres avec l’amour et le respect que nous avons pour nous-mêmes. L’opinion des autres peut être utile comme un outil d’apprentissage et de croissance, mais il ne devrait jamais être la seule chose qui définit qui nous sommes ou ce que nous valons.

Comment travailler à s’aimer et s’accepter? Je vous recommande d’aller lire mon article s’aimer et d’accepter ici:

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COMMENT SURMONTER LA PEUR DU JUGEMENT? – CONCLUSION

La peur de ce que les autres pensent de nous est une émotion naturelle et universelle qui découle des profondeurs de notre histoire évolutive. Cependant, lorsque cette peur devient un obstacle à notre bonheur et à notre épanouissement personnel, il est essentiel d’apprendre à la gérer. Se libérer du regard des autres ne signifie pas ignorer leurs opinions ou ne pas se soucier de leur jugement. Au contraire, il s’agit d’avoir une image et une estime de soi solides qui ne sont pas facilement ébranlées par les opinions extérieures.

Cela passe par l’autonomie affective, c’est-à-dire la capacité à se donner à soi-même l’amour, l’acceptation et la reconnaissance dont on a besoin. Cette autonomie nous permet de rester stables face aux jugements extérieurs, de prendre ce qui est constructif dans le feedback des autres tout en nous protégeant des critiques destructrices.

Il faut comprendre que chaque personne a le droit d’avoir sa propre opinion et qu’une opinion n’est qu’un reflet des expériences et perceptions individuelles. En fin de compte, notre valeur réside en nous-mêmes et non dans ce que les autres pensent de nous.

C’est un chemin qui nécessite du temps, du travail sur soi et souvent l’aide d’un professionnel. Mais c’est un voyage qui en vaut la peine, car il mène vers une vie plus libre, authentique et satisfaisante.

N'hésitez pas si vous avez des commentaires, des questions ou des suggestions d'articles que vous aimeriez lire, il me fera plaisir de vous répondre.

Au plaisir,

Yannick Delorme
Thérapeute en relation d'aide